Faut-il couvrir les fraisiers avant l’hiver ou seulement protéger leurs racines ?

Fraisiers en pleine terre entourés de paille et de feuilles sèches, avec les collets dégagés

Après la dernière cueillette, les fraisiers ont parfois encore des feuilles bien vertes. Le jardin commence pourtant à se couvrir de feuilles mortes et la question arrive vite : faut-il les enfermer sous un voile avant les premières gelées ?

Pour protéger les fraisiers en hiver, commencez par les plants eux-mêmes, puis par le sol. Une couche de paillage garde les racines plus régulières face au froid, alors qu’un feuillage maintenu humide sous une couverture peut s’abîmer.

Retirer les feuilles qui garderaient l’humidité

Coupez les feuilles tachées, brunies ou couchées dans la terre avec un sécateur propre. Retirez aussi les fruits oubliés, les stolons inutiles et les débris coincés entre les plants. Ce petit nettoyage limite les zones humides qui restent en place après la pluie.

Choisissez une journée sèche : les feuilles coupées se ramassent mieux et le paillage ne colle pas aux tiges.

Gardez les feuilles fermes et le cœur du fraisier. Il ne faut pas raser la touffe en automne : les feuilles saines continuent de protéger la couronne et aident le plant à passer la mauvaise saison.

Ramassez les feuilles très tachées dans un seau plutôt que de les laisser au pied des plants. Si elles portent des marques suspectes ou sont déjà molles, ne les ajoutez pas à un compost froid : elles risquent d’y rester humides tout l’hiver.

Les fraisiers plantés récemment demandent surtout un contrôle de hauteur. Le collet, la zone entre les racines et les tiges, doit rester au niveau du sol et visible. S’il a été enterré en tassant la terre, dégagez-le doucement. Pour reprendre l’installation d’un plant récent, le guide sur la plantation des fraisiers en août détaille aussi la bonne hauteur du collet.

Pailler la terre en laissant le cœur du plant libre

Le paillage se pose entre les pieds et autour des racines, jamais en tas sur la couronne. Une couche légère de quelques centimètres suffit pour freiner les variations de température et éviter que les éclaboussures de terre salissent les feuilles.

Le matériau doit rester aéré. Les feuilles mortes entières se collent parfois après plusieurs pluies ; passez-les grossièrement à la tondeuse ou mélangez-les avec un peu de paille avant de les installer.

Voici les matières qui conviennent le mieux quand elles restent sèches et peu compactes :

  • de la paille propre, répartie sans tasser ;
  • des feuilles sèches hachées, en couche fine ;
  • des petites brindilles broyées, loin du collet.

Évitez les tontes fraîches et les amas de compost très humide à cet endroit. Ils se tassent, conservent l’eau et peuvent coller aux tiges basses. Si une pluie longue a plaqué le paillage sur le plant, écartez-le simplement avec la main ou une petite griffe.

Un voile sert lors des gelées fortes, pas tout l’automne

En pleine terre, les racines profitent d’abord du sol et du paillage. Un voile d’hivernage devient utile quand une période de gel marqué est annoncée, surtout pour de jeunes plants, une variété sensible ou une planche très exposée au vent.

Posez-le sans écraser les feuilles, idéalement sur de petits arceaux ou des tuteurs. Retirez-le dès que le froid intense passe afin que l’air circule et que la condensation ne reste pas emprisonnée sur le feuillage.

Les fraisiers en pot demandent une protection différente, car les racines sont entourées de peu de terre. Rapprochez les pots d’un mur abrité, isolez le contenant avec un matériau respirant et vérifiez que l’eau peut s’écouler. Une soucoupe pleine après une pluie froide fait plus de dégâts qu’un léger gel nocturne.

À la fin de l’hiver, le paillage doit rester souple et le cœur de chaque plant visible. Si la touffe reste sèche, aérée et bien ancrée dans la terre, elle est prête à repartir lorsque les températures remontent.

Bastien Garance

Bastien Garance

Bastien partage des idées concrètes pour la maison, le jardin et les repas du quotidien.