Planter des fraisiers en août : leur laisser le temps de s’installer avant l’hiver

Mains plantant un jeune fraisier dans un potager paillé

Août ne ressemble pas forcément à une période de plantation, pourtant c’est souvent le bon moment pour installer des fraisiers. Le sol est encore chaud, les plants ont le temps de refaire des racines et ils arrivent mieux armés au printemps suivant. L’objectif n’est pas de leur demander une grosse récolte tout de suite. Il s’agit surtout de leur offrir quelques semaines tranquilles avant les premiers froids.

Un fraisier mis en terre trop profondément végète, un fraisier planté trop haut sèche vite. La hauteur du collet et l’arrosage des premiers jours font bien plus que les engrais versés au hasard. Prenez aussi cinq minutes pour choisir l’endroit : un carré qui a porté des tomates fatiguées tout l’été n’est pas toujours le meilleur point de départ.

Choisir une place qui ne garde pas l’eau

Les fraisiers aiment le soleil, avec au moins six heures de lumière directe si possible. Une exposition un peu moins brûlante l’après-midi peut toutefois aider dans un jardin très chaud. Évitez surtout les cuvettes où l’eau reste après un orage. Les racines fines n’aiment pas tremper et les fruits deviennent plus sensibles aux maladies quand l’humidité s’installe.

Décompactez la terre sur une vingtaine de centimètres, retirez les grosses racines et les herbes persistantes, puis ajoutez du compost bien mûr en petite quantité. Un sol très riche en azote donne beaucoup de feuilles et moins de fruits. Si votre terre est lourde, incorporez du compost et plantez légèrement surélevé, plutôt que de creuser un trou profond qui fera office de baignoire en hiver.

Après une culture estivale, le sol peut être sec et tassé. Le guide que planter en juillet-août quand les rangs se vident aide à repenser cette place au potager, mais les fraisiers ont une contrainte à part : ils resteront là plusieurs saisons. Mieux vaut leur réserver une ligne stable, en bordure ou dans un carré facile à pailler.

Planter à la bonne profondeur, sans serrer les plants

Faites tremper les godets quelques minutes si la motte est sèche. Installez ensuite chaque fraisier à environ 30 à 40 cm du suivant. Cela paraît large quand les plants sont petits, mais l’air circule mieux entre les feuilles et vous aurez de la place pour cueillir sans écraser les fruits.

Le collet, la petite zone d’où partent les feuilles, doit rester au niveau du sol. S’il est enterré, il peut pourrir. S’il dépasse trop, les racines se retrouvent à l’air. Rebouchez avec une terre fine, tassez simplement avec les mains et arrosez au pied. Une cuvette d’arrosage légère suffit, inutile de former une digue qui garderait l’eau contre le cœur du plant.

Si le plant porte encore des fleurs ou quelques fruits, retirez-les au moment de la plantation. C’est frustrant, mais un petit fraisier qui consacre son énergie à mûrir trois fraises en septembre s’installe moins bien. Les stolons très longs peuvent aussi être coupés au départ, sauf si vous voulez volontairement multiplier un plant déjà bien enraciné.

Arroser et pailler jusqu’aux premières fraîcheurs

Les deux ou trois premières semaines, vérifiez la terre sous la surface avec un doigt. Arrosez lorsque les premiers centimètres sont secs, de préférence le matin et au pied. Le feuillage n’a pas besoin d’être mouillé. Ensuite, espacez progressivement les apports si les pluies reprennent. Le but est de garder une motte fraîche, pas de maintenir une terre détrempée.

Un paillage fin de paille propre, de feuilles sèches ou de tontes bien sèches limite l’évaporation et évite que les futures fraises touchent directement le sol. Gardez toutefois un cercle dégagé autour du collet. Un paillis collé au cœur du plant garde trop d’humidité, surtout quand les nuits se rafraîchissent. Vous pouvez reprendre les repères de notre article sur le paillage du potager en été, en laissant ici le centre des plants bien visible.

Ne forcez pas avec un engrais rapide avant l’hiver. Un peu de compost à la plantation, de l’eau régulière et un sol propre sont largement suffisants. En septembre, retirez seulement les feuilles réellement abîmées et continuez à surveiller les limaces, qui apprécient les jeunes feuilles sous le paillis. Au printemps, vous verrez vite quels pieds ont bien pris : ils repartent tôt, se densifient sans jaunir et préparent leurs premières hampes florales sans aide compliquée.

Bastien Garance

Bastien Garance

Bastien partage des idées concrètes pour la maison, le jardin et les repas du quotidien.