Quand le gazon disparaît sous les feuilles, le premier réflexe consiste souvent à tout rassembler dans le composteur. Les feuilles mortes du jardin y ont leur place, à condition de ne pas y verser un sac entier sans regarder ce qu’il contient.
Le tri tient moins au nom de l’arbre qu’à l’état des feuilles et à leur quantité. Vous saurez ainsi lesquelles mélanger au compost, lesquelles broyer ou garder en paillage, et lesquelles sortir du circuit du potager.
Les feuilles saines peuvent rejoindre le compost
Les feuilles sèches et saines apportent de la matière brune, riche en carbone. Elles équilibrent les tontes fraîches, les épluchures et les autres apports humides qui tassent vite dans un petit composteur.
Érable, fruitiers, tilleul, bouleau ou feuilles déjà fines se décomposent correctement lorsqu’elles sont mélangées. Passez la tondeuse sur le tas ou ramassez-les avec le bac : des morceaux courts se tassent moins et se mélangent mieux.
Évitez la couche unique de feuilles. Alternez une poignée de feuilles avec de la tonte sèche, des déchets de cuisine ou du broyat, puis vérifiez que le mélange reste souple. Un tas sec et compact peut rester presque intact jusqu’au printemps.
Les feuilles coriaces demandent un autre usage
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Chêne, châtaignier, platane ou noyer ne sont pas à bannir par principe. Leurs feuilles épaisses ou riches en tanins se dégradent plus lentement. Broyées et mélangées à d’autres feuilles, elles peuvent aller au compost, mais elles ne doivent pas former la majorité du bac.
Si vous avez beaucoup de feuilles de ce type, utilisez-en une partie sous une haie, au pied d’arbustes ou sur une plate-bande vide. Étalez-les en couche légère, puis bloquez-les avec quelques brindilles. Au potager, le paillage autour des légumes demande une couche plus contrôlée : un tapis de feuilles entières retient l’humidité et peut abriter les limaces.
Sur le gazon, ne laissez pas une couche épaisse s’installer. Elle prive l’herbe de lumière et garde l’humidité. Un passage de tondeuse avec ramassage fournit un matériau déjà fragmenté pour le compost.
Ne cherchez pas à faire passer chaque feuille par le composteur. Sous les arbustes, une petite litière de feuilles saines protège le sol pendant l’hiver. Gardez seulement le pied des jeunes plantations et le collet des vivaces dégagés.
Les feuilles à sortir du compost domestique
Écartez les feuilles très tachées, couvertes d’oïdium, de rouille ou venues d’une plante malade. Un compost de jardin ne monte pas toujours assez en température pour neutraliser les agents responsables. Les feuilles retirées après une culture malade, comme les pieds de tomates, se gèrent à part : notre article sur les pieds de tomates arrachés détaille ce tri.
Laissez aussi de côté les feuilles ramassées au bord d’une route fréquentée, dans une zone traitée ou sous un arbre ayant reçu un traitement récent. Le compost ne fait pas disparaître les résidus indésirables avant son retour au potager.
Les feuilles encore collantes, très humides ou mêlées à des fruits pourris peuvent rejoindre un autre tas après séchage et mélange. Ajoutées seules, elles fermentent et privent le compost d’air.
Un tri simple avant de remplir le bac
Trois questions suffisent avant de vider la brouette :
- La feuille est-elle saine ? Si elle porte une maladie ou vient d’une zone traitée, écartez-la du compost domestique.
- Le tas est-il surtout composé de feuilles épaisses ? Broyez-les et mélangez-les avec des feuilles plus fines ou des matières humides.
- Où allez-vous utiliser le compost ? Pour le potager, gardez les feuilles dont vous connaissez l’origine et évitez les apports douteux.
Un petit tas varié avance mieux qu’un composteur rempli de feuilles brunes tassées en une fois. Les feuilles saines du jardin deviennent alors un apport utile, tandis que les lots malades ou pollués restent hors des plates-bandes où vous cultiverez au printemps.





